Ce premier ouvrage de la série «Les armes de l'art» est aussi
un chemin personnel suivi par Nicolas Roméas sur les traces
de Michel Leiris, poète et auteur qui participa avec Marcel
Griaule à l'expédition Dakar-Djibouti de 1931, et dont la vie et
l'oeuvre ont fortement contribué à notre connaissance de
nous-mêmes et des autres.
Sur ce chemin, l'auteur a rencontré les travaux du grand africaniste
Georges Balandier. L'oeuvre majeure de ce chercheur
a conforté et nourri une démarche qui s'inscrit dans une
volonté de revalorisation des cultures d'Afrique noire.
Nicolas Roméas a rapporté d'Afrique plusieurs témoignages
et y a découvert, au Mali, des expériences décisives de rencontre
entre l'art et le soin qui sont une confirmation en acte
de la quête d'un art de la relation menée depuis quinze ans
par Cassandre/Horschamp. Il s'est aussi appuyé sur la remarquable
thèse de Koulsy Lamko sur le théâtre de participation
en Afrique.
Ces chercheurs d'or ont été des compagnons de route précieux
dans cette première incursion en ces terres. Avec eux,
et avec l'aide des travaux d'Adame Ba Konaré, ce livre veut
porter un message : nous avons besoin de l'Afrique noire.
Nous. Occidentaux modernes qui ne nous résignons pas à
subir un monde marchandisé, devons non seulement respecter
ses valeurs, mais il faut, en ces temps de destruction
programmée de l'humain, prendre la pleine mesure de leur
force civilisationnelle.
La série «Les armes de l'art» s'attache aux équipes qui considèrent
la pratique artistique comme un moyen de réfléchir et
d'agir sur l'état du monde contemporain. Elle cherche à révéler
l'importance des outils immatériels que sont la culture et
les pratiques de l'art dans le combat vital pour une réhumanisation
de nos sociétés.
Cette nouvelle série est lancée par Cassandre/Horschamp,
revue culturelle qui se consacre à l'art en tant qu'outil de
société - non seulement d'un point de vue esthétique, mais
en prenant en compte ses implications anthropologiques,
sociales et politiques.