Voici relaté pour la première fois depuis un siècle, le récit du parcours d'un jeune Lorrain quittant sa terre natale pour se retrouver aux frontières de la Chine, dans les montagnes du pays d'Annam. Né à Mittelbronn, à l'époque dans le département de la Meurthe, il se voit dès son plus jeune âge, conscient des risques encourus, prêtre, missionnaire et martyr. Elève du Petit séminaire de Pont à Mousson puis du Grand séminaire de Nancy avant d'entrer à Paris, rue du Bac, au séminaire des Missions Etrangères. Augustin Schoeffler y est ordonné prêtre, et envoyé au Tonkin. Embarqué à bord d'un grand voilier prenant la route maritime des Indes, il parvient à destination au terme d'un voyage de six mois qui ne manqua ni de tourments ni d'aléas. A peine arrivé, il mesure la réalité des risques qu'il pressentait et saura les affronter, au moment même où l'empereur Tu-Duc réactive et récompense la persécution des tenants de "la doctrine de Jésus [qui] vient des européens... pour tromper le cour des hommes et fasciner ses adeptes"... Durant une trentaine de mois il assumera son apostolat, faisant preuve d'un courage et d'une foi qui forcent l'admiration, malgré l'atteinte de diverses maladies tropicales, parcourant par monts et par vaux cette immense région de l'ouest tonkinois. Capturé par des brigands, revendu en quelque sorte aux mandarins, il est condamné à mort. C'est sereinement et en prières qu'il marchera vers le bourreau pour subir ce supplice de décapitation qu'enfant il avait pressenti. Il n'avait pas 29 ans. Augustin Schoeffler a été béatifié le 27 mai 1900 et canonisé le 19 juin 1988. Le séminaire inter-diocésain de Metz est placé sous sa protection.