L’oeuvre de Jean Garneret (1907-2002), ses lectures et ses effets, sont multiples voire polyphoniques. Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages savants que l’on assigne généralement au registre d’une ethnographie régionale et qui portent sur un vaste gradient d’objets : monographie de village, recueils de chansons populaires et de littérature orale, études d’architecture rurale. Il a ainsi contribué à constituer un regard ethnographique, historiquement situé, sur la Franche-Comté, tout comme il a participé aux mondes de l’érudition régionale. L’un des autres aspects visibles de ses travaux est la création de dispositifs muséographiques, d’abord le Musée paysan de Corcelles-Ferrières dans le Doubs en 1952, devenu Musée populaire comtois installé à la Citadelle de Besançon en 1960 après avoir été projeté et brièvement installé au palais Granvelle toujours à Besançon. Après un essai de conservation de maisons rurale in situ, à Petite-Chaux, il crée le Musée des Maisons comtoises, à Nancray, pour lequel une première maison est démontée en 1976. De cette volonté, non seulement de conserver, mais aussi de transmettre ce qu’il considère comme les témoignages d’une vie paysanne en cours de disparition — voire d’éradication — était -né un almanach populaire, appelé Barbizier. Le premier numéro paraît en 1947. Il sera, en 1969, transformé en une revue savante. Le tout appuyé sur l’association Folklore comtois.