Betty Hanns
Son unique sujet ? L'homme, l'autre, cette altérité qui à la fois blesse et rassure. Là-haut, dans sa maison aux baies vitrées, l'artiste vit dans l'immobilité et sculpte le mouvement, les failles, les petits arrangements que chacun doit faire pour rester debout et avancer.
Seuls ou en groupes, assis, accroupis ou penchés, les hommes et les femmes que Betty Hanns invente sont comme saisis à la volée, figés en rupture d'équilibre.
De ces rapports spaciaux contre-nature naît un sentiment de solitude.
Même ensemble, s'appuyant les uns aux autres ou empilés tels des totems humains, les personnages de Betty Hanns semblent plus que jamais prisonniers de leur condition. Au travers de ces corps frêles et imposants qui défient les lois de l'apesanteur, l'artiste sonde notre capacité à vivre lesté.
Le papier journal, matériau sommaire, quotidien, qu'elle utilise pour modeler, Betty Hanns en connaît toutes les facettes. Pour donner corps à ces silhouettes longilignes, l'artiste est allée plus loin, pliant à la masse, forgeant, soudant le métal jusqu'à obtenir un squelette, une armature métallique dont elle habille les volumes.
Une construction plastique personnelle aboutie, où la figuration est assumée, l'ellipse poétique revendiquée.