Cet ouvrage a pour ambition de faire connaître et de mettre en valeur le rôle essentiel joué par le corps médical des armées dans les progrès de la médecine, de la chirurgie et de la pharmacie au XVIIIe siècle. Il met en évidence le rôle pionnier et exemplaire de l'organisation hospitalière militaire en un temps où n'existaient que des hospices ou fondations privées. En parfaite harmonie avec l'émulation scientifique du siècle des Lumières, le Service de Santé des armées contribua de façon décisive, grâce notamment à l'esprit novateur de ses membres, aux progrès importants réalisés à cette époque, élevant leur savoir-faire au rang d'une véritable science. La création de l'Académie de Chirurgie, initiée par dés chirurgiens militaires, puis celle de la Société Royale de Médecine, ancêtre de l'Académie de Médecine, et du Collège de Pharmacie, reflètent le foisonnement intellectuel du siècle. Cet état d'esprit permit aussi de codifier une institution sanitaire unique dans la France d'alors, de structurer un enseignement pluridisciplinaire exceptionnel et d'édifier un réseau hospitalier homogène dans la plupart des réglons françaises. L'accent est mis sur le travail extraordinaire accompli par les chirurgiens et les médecins d'armée et ceux qui, à des titres divers, les accompagnaient apothicaires, religieux, infirmiers... La description des multiples maux et traumatismes dont souffraient les soldats en campagne et celle des soins qu'on leur prodiguait est riche d'enseignements ; elle démontre que la science médicale était alors en pleine transition entre l'empirisme antérieur et une approche aux caractéristiques de plus en plus scientifiques