Notre Histoire Sacrée est un livre à tiroirs nécessitant plusieurs clés et empruntant plusieurs formes... Mais le premier objectif de cet ouvrage réside dans la diffusion et la reconnaissance de l art aborigène qui est lui-même multiple ; la mémoire d un peuple s y décline comme mouvement, souffle, tracé et couleurs par le biais de la danse, du chant, de la poésie et de la peinture. Toutes choses s entrelacent et s interconnectent au sein de cette culture ancestrale qui se réinscrit aujourd hui dans le monde contemporain au travers de son art. Les uvres et les artistes présentés dans l ouvrage sont avant tout le fruit d une rencontre avec son « initiateur » : Morteza Esmaili. Lui-même artiste, il s est donné pour mission de promouvoir la culture aborigène en créant un espace de confluence : la galerie Yapa où les expositions se mêlent parfois aux chorégraphies et aux concerts. Le didgeridoo résonne d ailleurs jusque dans les pages du livre puisqu un CD s y trouve discrètement inclus, sur le thème des cinq éléments... Par delà la reconnaissance d un peuple, de son art et de sa mémoire, l autre objectif de Morteza Esmaili réside dans la restauration des « passerelles » peut-être aujourd hui rompues (à cause de nos vues utilitaristes et segmentées) entre la société moderne et les cycles de la nature. Passerelles entre le passé et l avenir, entre l homme et son environnement, le sacré et le profane, mais aussi entre les disciplines et les cultures qui se sont éloignées de leur source commune. L interdépendance des formes et des éléments est omniprésente dans le livre. Ainsi, comme le dit Morteza Esmaili dans ces pages : « Il faut connaître les artistes pour avoir de bonnes peintures. Il faut aller chasser avec eux. Savoir où est le site, le trou d eau, ressentir l esprit. Tout cela est connecté... ».