L'Ekklésia désignait l'Assemblée du Peuple dans les cités grecques telles qu'Athènes. « Comme dans tous les actes publics, l'ekklésia commençait par une cérémonie religieuse. On immolait des porcs et avec le sang du sacrifice on traçait un cercle sacré autour des assistants. Puis, après des prières et des imprécations on déclarait l'offrande agréable aux dieux et l'assemblée pouvait délibérer sous des auspices favorables. » Une certaine assemblée ekklésiastique, sous de multiples dénominations d'Eglise chrétienne, se croit aussi un peuple d'excellence ; elle aussi délibère et elle aussi s'assemble le dimanche en versant le sang du sacrifice d'un autre qu'elle-même ; elle aussi, comme toutes les ekklésias politiques, ne veut pas mourir, et « ce vouloir-ne-pas mourir, qui est le sien, constitue son vrai tragique ». Cependant l'Eglise devra mourir ; et si son existence terrestre est inévitable sa mort n'en est que plus certaine. C'est d'ailleurs dans son refus de mourir qu'elle s'accapare l’Évangile du Nazaréen ; car les églises savent fort bien qu'en échappant à leur contrôle l'Évangile devient la seule menace à leur existence ! Pourquoi donc ? Parce que l’Évangile n'a qu'un seul et unique contenu : le Royaume derrière les deux. Or, l'Eglise est un Royaume des terres, ici même où tout doit retourner en terre. Que le chercheur d'or, lui qui refuse de secouer la précieuse glaise de ses pieds, se trouve donc une assemblée avec ses lois selon sa convenance. Là, on surveillera et polira sa conscience. Qui sait? L'animal deviendra peut-être intelligent. Mais si des cieux, une intime brise se fait entendre, si tu ne crains pas d'assumer par toi-même ta foi et la folle espérance en Celui qui est plus qu'un homme... comment ne connaîtras-tu pas dès lors que le Père est akklésiastique ?