SOUS LE SIGNE DU SINGE Pascal Baeumler Le jour où Valentina Ferrara accepta de faire la traduction française d’un manuscrit italien, dont l’auteur était inconnu, elle ignorait que ce serait la dernière fois, que jamais plus elle ne pourrait assumer pareil travail. Plongée dans le manuscrit, c’est avec surprise et frayeur qu’elle découvrit l’histoire bouleversante de Luisa, le personnage principal du roman qu’on lui avait confié. « Riche et fort séduisante, Luisa n’en était pas plus heureuse pour autant. Elle ne cessait d’être torturée par ses démons : ceux d’un monde où les extrémistes politiques et religieux voulaient imposer leurs lois par des attentats plus meurtriers les uns que les autres, et ceux de son quotidien, tout aussi assassins à ses yeux. Luisa était mariée à Flavio, de 35 ans son aîné. Flavio était un affairiste proche de la Mafia. Comme Dr Jekyll et Mr Hyde, il avait une double personnalité. Dans l’intimité, il pouvait se révéler tendre avec sa jeune femme, comme violent, multipliant les attaques verbales, mais aussi physiques. C’est pourquoi Luisa attendait chacun de ses retours la peur au ventre. Un soir, pourtant, Luisa ne se laissa pas faire et répondit coup sur coup : quand c’est non, c’est non ! Après une course folle dans leur hôtel particulier parisien, elle entraîna Flavio au sous-sol, là où se trouvait une piscine, et parvint à le noyer. Pétrifiée d’horreur par l’acte qu’elle venait de commettre, Luisa appela son amie Norma Jeane. Lorsque Norma Jeane arriva au domicile du couple, le corps de Flavio avait disparu ! Flavio n’était-il pas mort ? Avait-il feint de l’être pour parvenir à son but : l’aboutissement d’un plan diabolique, qu’il aurait mis en place afin de détruire définitivement Luisa ? » Quant à Valentina, c’est bien par son fait que sa vie bascula. En effet, elle ne se contenta pas de traduire le roman en français. Elle se prit pour l’auteure, se glissa dans la peau de la narratrice, lui donna son nom et son prénom, imagina, extrapola des événements comme si elle les avait vécus ; des libertés qui lui attirèrent bien des surprises et des désagréments, comme cet étrange dialogue qui s’instaura entre elle, Valentina, un être de chair et de sang, et Luisa, le personnage du roman ! De la pure science-fiction. Moins surnaturel : elle fit l’objet de nombreuses menaces qui changèrent à jamais le cours de sa vie, une vie qu’elle n’aurait jamais pu imaginer, même dans ses cauchemars les plus sombres.