Dans la banlieue parisienne, une famille d’artistes vit difficilement la fin de la guerre et la perte de leur premier enfant. Le frère et la sœur nés ensuite sont élevés par leur père, la mère partant travailler à l’extérieur. Les deux petits reçoivent donc les soins de leur père artiste-peintre au foyer, mais aussi une initiation à l’art, et peut-être aussi de quelque chose de plus trouble… Possédant la porosité de l’enfance, rien ne leur échappe, ils ressentent tout, et l’expression de leur vécu se révèle poétique et même parfois philosophique. La « traduction » littéraire de ce vécu enfantin nécessite bien entendu les outils conceptuels de l’auteure, dont ils seraient naturellement incapables. Mais à l’adolescence, le grand frère Ismaël, dans sa tentative désespérée de surmonter les traumas qu’il a subis, et ses efforts pour y parvenir, est amené à commettre sur ses jeunes sœurs l’irréparable. Et il en sera durement puni. Son suicide à la maturité va bouleverser la vie de sa sœur, sa complice, sa jumelle. Cependant, grâce à l’élaboration d’un film au sein d’une troupe de cinéma, elle sera à même d’explorer toutes les facettes de diamant noir de la vie de son frère et de trouver ainsi l’apaisement. Tout au long de ce récit familial, l’évocation empathique des communautés environnantes enracine puissamment ce roman en Bretagne.