Cet ouvrage, partiellement issu de réflexions engagées lors
du colloque interdisciplinaire «Textes sacrés, Arts et Sciences»
(dirigé par Mélanie Adda, INHA, Paris, 11-12 janvier
2008), traite dans une double perspective de la relation
entre les textes sacrés et la culture profane qui s'y rapporte
ou qui s'y heurte. Les auteurs se sont d'abord interrogés
sur la possibilité d'une définition en intension de la sacralité
textuelle. En observant le devenir de critères propre
à la définir (comme l'origine divine) dans des contextes
aussi différents que le judaïsme hellénistique, le Moyen
Âge chrétien ou encore le confucianisme, les études de ce
volume mettent en lumière la complexité de la notion de
texte sacré, qui ne peut sans doute recevoir d'autre définition
qu'en extension.
L'autre objectif de ce recueil est d'étudier la réception des
textes sacrés dans les civilisations et les cultures profanes
dont ils sont les principaux fondements, en observant non
seulement le statut que l'objet profane reconnaît au texte
sacré auquel il emprunte, se consacre ou s'oppose, mais
aussi le statut que ce même objet profane s'attribue alors
à lui-même ou se voit attribuer.
Ce double aspect de la réception du texte sacré est étudié
à travers diverses productions culturelles, des plus directement
liées à la source sacrée - comme les apocryphes,
les traductions, l'exégèse et les enluminures -, aux plus
indépendantes - comme la création littéraire -, en passant
par celles qui, comme certaines sciences positives, doivent
contourner le texte sacré, ou encore celles qui le détournent
à des fins polémiques ou politiques.