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Grandir à Toulouse dans les années 1940 et 1950

Véronique Sucère
  • 24/10/2013
  • Wartberg
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Couverture de Grandir à Toulouse dans les années 1940 et 1950 par Véronique Sucère

Résumé

Souvenirs, souvenirs...

Se baigner dans les eaux de la Garonne, en plein été, alors que la guerre fait rage ailleurs en Europe.

Se promener le long des quais de la Garonne et observer le travail des pêcheurs de sable.

Se cultiver et se distraire dans les nombreuses salles de cinéma de la place Wilson, ou encore au théâtre ou à l'opéra du Capitole.

Acheter son journal sur la place Wilson et écouter les débats houleux entre républicains exilés espagnols.

Supporter le Stade toulousain au stade des Ponts-Jumeaux ou le Toulouse Football Club au Stadium lors des grandes finales.

Vibrer à l'unisson sur les gradins des arènes du Soleil-d'Or où se déroulent d'inoubliables corridas.

Assister à l'édification des nouvelles cités comme celle d'Empalot, à la rénovation du centre-ville et à la réapparition de la fameuse brique rose.

Danser sur les rythmes enjoués du charleston et de la java dans les dancings de quartier ou s'enthousiasmer pour les sons endiablés du jazz dans les caves du centre-ville.

Se préparer pour la baloche, la fête populaire du quartier que l'on ne raterait pour rien au monde !

Regarder s'envoler la Caravelle dans le ciel toulousain, cet élégant biréacteur symbolisant le renouveau de l'aéronautique civile française.

Grandir à Toulouse dans les années 1940 et 1950

Marchés de plein vent et carrioles de légumes, petits métiers et vendeurs à la criée, tramway et bicyclette, opéra et cinémas de quartier, corridas et zarzuelas, baignades dans la Garonne et pique-niques au bord du canal du Midi... Souvenirs, souvenirs. Instantanés noir et blanc des années 1940 et 1950 à Toulouse. Mais ce qui caractérise avant tout la cité occitane, c'est son incroyable cosmopolitisme. Toulouse, ville-accueil mais aussi ville-refuge. Dès 1939, elle devient la capitale de l'exil républicain espagnol puis voit affluer, en 1940, des milliers de réfugiés provenant de l'Europe entière. Il faut dire qu'elle a la chance d'être située loin du front. Il n'empêche, à la Libération, Toulouse doit aussi panser ses plaies : comme les autres grandes villes françaises, elle a connu l'Occupation, la faim et le rationnement, les dénonciations et les règlements de compte, les bombardements alliés et leurs funestes dégâts... Les années 1950 annoncent alors le temps de la renaissance : le « village » aux allures encore médiévales doit faire peau neuve et surtout s'agrandir. Il faut reloger la population qui ne cesse de s'accroître. Les grandes cités en béton sortent de terre, tandis que, peu à peu, la brique rougeoyante, débarrassée de ses enduits d'antan, redonne ses vraies couleurs à cette ville du Sud plantée entre Atlantique et Méditerranée. La Ville rose prépare désormais son avenir en regardant du côté du ciel et de l'espace... pour compter bientôt parmi les grandes métropoles européennes.

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