Près de quinze ans après l’importante rétrospective organisée à Vienne par le Museum Moderner Kunst et présentée ensuite à Dusseldorf, Nuremberg et Klagen-furt, la nécessité s’est imposée de montrer l’œuvre récent de Maria Lassnig dont l’inventivité, la force créatrice et la jeunesse marquent certainement l’accomplissement artistique d’un peintre qui a toujours poursuivi sa recherche obstinée, entière, et sans concession. Ses développements actuels éclairent son parcours depuis plus de quarante ans, et rendent nécessaire de les situer dans la logique rétrospective d’une œuvre consacrée à l’autoportrait. Pour l’artiste cela signifie non pas la représentation de son image mais l’incessante quête des sensations internes du corps, ce qu’elle a nommé «body awareness», et à travers elle, les tensions et la violence des émotions qui témoignent d’une vision du monde et de la peinture La constance de cette investigation sur la question du corps et de son affirmation dans une identité qui revendique le féminin, trouve à l’évidence aujourd’hui un écho dans les pratiques des artistes de la jeune génération et confère à son travail une dimension étonnamment actuelle dans sa singularité. Les liens de Maria Lassnig avec la France où elle reste peu connue bien que le Centre Georges Pompidou, Musée national d’Art moderne, lui ait consacré une exposition de dessins et d’aquarelles en 1995-96, ont été nourris de son long séjour à Paris dans les années soixante. C’est là qu’elle put, grâce au poète Paul Celan, entrer en contact avec André Breton et Benjamin Péret, et qu’elle découvrit les œuvres des artistes de l’art informel dont le Nantais Camille Bryen. Le Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig Wien, le Musée des Beaux Arts de Nantes et le Frac des Pays de la Loire se sont associés pour présenter à Vienne, puis à Nantes, l’œuvre graphique et peint de Maria Lassnig.