Le deuxième semestre de l'année 1966 est placé sous le signe des
voyages présidentiels : le voyage en Union soviétique (du 20 juin au
1er juillet), et le déplacement en Afrique, en Asie, en Océanie et retour
par les Antilles (du 25 août au 12 septembre). Une grande part de la
diplomatie française tourne autour de ces voyages, en raison à la fois
des rencontres du chef de l'État et de ses déclarations.
Si les entretiens franco-soviétiques aboutissent à une impasse sur le
problème allemand, les relations bilatérales connaissent en revanche un
essor spectaculaire avec des accords de coopération scientifique,
technique et économique. À propos du Vietnam, Français et Soviétiques
ont constaté une large communauté de vues.
Le deuxième grand voyage de De Gaulle tourne justement autour du
problème indochinois, puisque son étape-clé est celle du Cambodge.
Les bombardements américains se succèdent pendant l'été 1966, sans
réussir à briser la résistance du Nord-Vietnam. Jusque-là, dans ses
discours comme dans ses conférences de presse, de Gaulle s'était
exprimé en termes généraux ; c'est pourquoi le fameux discours de
Phnom Penh va éclater comme un coup de tonnerre dans le contexte
particulier de l'année du retrait de l'OTAN et du voyage à Moscou.
Les voyages présidentiels n'épuisent pas l'actualité diplomatique du
second semestre. En Europe, ce sont les questions communautaires qui
sont au premier plan, mais la crise politique allemande a aussi des répercussions
en politique étrangère. La chute du gouvernement Erhard le
8 novembre et la constitution d'un nouveau gouvernement, sous le
signe de la grande coalition présidée par le démocrate-chrétien
Kiesinger, et dont le ministre des Affaires étrangères est le social-démocrate
Willy Brandt, laissent présager une amélioration des
rapports franco-allemands : le règlement apporté le 21 décembre au
stationnement et au statut des Forces françaises en Allemagne en est
le symbole.