Ce texte n'est pas un récit, il n'écrit pas une histoire, il témoigne. Certes, aux
yeux même de l'auteur, il s'agit d'une aventure passionnante dans laquelle il
s'engage avec toute sa conviction : «La construction européenne». Mais il
ne prétend pas en proposer un récit factuel et objectif. Son but n'est pas de dire ce
qui s'est passé dans l'histoire et quel chemin cette histoire a poursuivi, mais ce qu'il
a vécu et fait dans cette histoire, les personnes qu'il a rencontrées, les événements
qui l'ont touché, les lieux que ses missions lui ont permis de découvrir, les hasards
de la vie qui ont suscité sa passion, les initiatives qu'il a pu prendre et les responsabilités
qu'il a pu assumer, tout cela dans le cadre d'une transformation fondamentale
et rapide des sociétés, des lieux et des pays qu'il visite dans son aventure et qui
ont pour effet de changer le monde et par conséquent de le transformer lui-même.
La «Mémoire de l'Europe» qui s'en dégage est donc double : à la fois une mission
et une aventure. Quand il parle de ses missions, c'est la tâche accomplie qui s'inscrit
dans la mémoire. Mais cette vie est aussi une aventure, et c'est dès lors le devenir des
êtres qui nourrissent les souvenirs. Certains lecteurs porteront peut-être un jugement
différent sur tel ou tel épisode de l'histoire, sur telle ou telle description des institutions
et des rôles spécifiques de certains hommes politiques, mais la richesse du récit
ne laissera personne indifférent. Ceux qui, comme l'auteur, «pensent européen»,
apprécieront la sincérité de ce témoignage et comprendront en quoi l'histoire qu'il nous
propose peut apporter une richesse complémentaire à notre «Mémoire commune».