Snoeck
Vlaminck est avec Derain et Matisse un des trois artistes phares du fauvisme. Sa période fauve commence réellement à la fin de l'année 1904 à Chatou ou il partage un atelier avec Derain. Grâce à une stimulation mutuelle, les deux artistes vont vers des expérimentations nouvelles et créent ainsi le fauvisme le plus agressif. Personne ne sera plus fauve que Vlaminck. C'est à lui que s'applique le mieux la célèbre phrase du critique Camille Mauclair : « un pot de peinture jeté à la figure du public ! »
Aucun fauve n'ira plus loin que lui dans le sensualisme et l'exaltation.
La même ardeur qui anime le peintre dans ses années fauves se retrouve chez le céramiste. Sur des vases comme sur des assiettes, on retrouve cette débauche de couleurs, de tonalités outrageusement rehaussées.
Toutefois dès la fin de l'année 1907, Vlaminck constate qu'à travailler directement tube contre toile on parvient à une habilité excessive et que ses compositions ne se réduisent plus qu'à des rythmes colorés, que l'emploi de la couleur pure n'est plus qu'un jeu pour lui. Il rompt alors avec le fauvisme et prend une nouvelle direction qui le conduira à s'intéresser à Cézanne.
L'étude de l'oeuvre de Cézanne l'aide à renouveler son art. Il s'imprégne de ses données constructives en structurant la forme et en faisant reposer la conception de ses toiles sur la notion de volume modelé par la couleur. Sa palette, en réaction au fauvisme, se couvre d'ocres, de terres, de verts et de bleus. Les oeuvres de cette époque, qui s'apparentent à celles de
Cézanne, contribuent ainsi à l'organisation méthodique de ses tableaux et lui permettent de devenir ce peintre hors de toute tendance, libre de toute influence et au style résolument personnel.
S'ouvre alors une nouvelle période qui le mènera à forger ce style inimitable qui est le sien et que tout un chacun reconnaît inévitablement.