Les sources étudiées dans les archives françaises et hongroises, ainsi qu'au secrétariat international de l'OTAN (Bruxelles), ont inspiré les conclusions suivantes: la diplomatie française avait des informations précises sur la révolution hongroise de 1956. Ses prises de positions et sa marge de manoeuvre furent fortement influencées à long terme par le statu quo européen - dominé par les États-Unis et l'Union soviétique -, et la guerre d'Algérie. A court terme, c'est l'expédition de Suez qui exerça sur elle un effet considérable. Conformément à ces facteurs, la politique étrangère française réagit d'une manière très prudente aux événements de Hongrie. Tout en évitant même l'apparence d'une intervention directe, son activité se limita aux discours prononcés à l'ONU et à la participation aux programmes d'aide humanitaire en faveur des réfugiés hongrois et de la population restée en Hongrie. Les rapports franco-hongrois, qui avaient connu une période de progrès en relation avec la détente internationale, se dégradèrent jusqu'à leur minimum protocolaire à cause de la répression de la révolution par l'URSS en novembre 1956. Néanmoins des relations bilatérales quasi normales se rétablirent en automne 1958