Et tout à coup, tout change… mais c'est peut-être une bonne chose.
Felicitas est frappée par la foudre. Elle s’en sort miraculeusement indemne, mais elle a oublié tout ce qui s’est passé l’année passée. Lorsqu’elle tente de reprendre le cours de sa vie, elle ne la reconnaît pas. Pourquoi son ex-mari se comporte-t-il comme si rien ne s’était passé ? Pourquoi sa sœur est-elle si distante ? Si seulement elle pouvait se rappeler tout ce qui s’est passé ces douze derniers mois ! Alors que Felicitas se met en quête de la vérité qui doit sommeiller bien enfouie en elle, elle se rapproche non seulement de son nouveau collègue Sebastian, mais elle se redécouvre aussi.
Un roman enchanteur et émouvant sur le lâcher-prise et cette liberté qui nous donne confiance en la vie.
Extrait
Tout a basculé un lundi.
J’étais morte. J’en étais certaine. Enfin, pas tout à fait puisque je savais que nous étions lundi. Si j’avais été morte, cela n’aurait eu aucune importance, mais quelqu’un près de moi chantonnait joyeusement « Monday, Monday… ». Nous étions donc lundi, ou alors cette personne appréciait particulièrement cet air qu’elle fredonnait n’importe quel jour de la semaine. Je décidai de lui demander si nous étions effectivement lundi, mais j’étais incapable de parler. À ce moment-là, je sus avec certitude que je ne pouvais pas être morte. Après toutes ces réflexions compliquées, j’eus l’impression de m’être rendormie, et quand je rouvris finalement les yeux, Mark était à côté de mon lit. Après quelques secondes de confusion, je reconnus mon mari et mon cœur bondit de joie et de soulagement, puis je me rappelai très vite que nous étions séparés. Je laissai échapper un gémissement et il me regarda en souriant.
— Hé ! T’es enfin réveillée ? s’exclama-t-il avec un enthousiasme un peu trop excessif à mon goût.
Je voulus hocher la tête mais j’avais un terrible mal de crâne. Alors je me contentai de le regarder. Mark avait toujours été très soucieux de son apparence, mais aujourd’hui, il avait mauvaise mine. Il paraissait plus vieux. Et c’était quoi cette coiffure ridicule ? Je clignai des yeux pour le voir plus distinctement. Notre fille avait un ami autrefois qui arborait une coupe de cheveux très similaire. Une coupe undercut : long sur le dessus et coupé court sur les côtés. Seules les personnes de moins de trente ans adoptaient ce style de coiffure. Et pourquoi était-il si bronzé ? C’était l’été ? Je jetai un coup d’œil par la fenêtre et les branches dénudées d’un arbre se balançaient au vent. Quelques feuilles d’automne égarées tourbillonnaient autour de lui comme de petits satellites désorientés. Ce n’était pas l’été. Pourquoi n’arrivais-je pas à me le rappeler ? J’aurais dû le savoir, non ? Sans même regarder par la fenêtre ! Je regardai à nouveau Mark qui était en train de me parler, mais je ne comprenais pas ce qu’il disait. Rien n’avait de sens. Qu’est-ce que je faisais ici ? Je me redressai brusquement, provoquant une explosion de douleurs dans mon crâne, mais je parvins malgré tout à rester assise. Puis je tentai de lui dire quelque chose, et quand je parvins enfin à trouver ma voix, celle-ci me parut complètement étrangère.
— Que s’est-il passé ? croassai-je.
Mon mari – enfin, mon ex-mari – cessa finalement de bredouiller et me lança un regard légèrement accusateur.
— Tu as été frappée par la foudre, se contenta-t-il de m’expliquer.
Je restai bouche bée. La foudre ? Était-ce une blague ? Mark avait toujours eu tendance à faire des blagues idiotes, mais pourquoi se mettre à plaisanter en pareille circonstance ? Je rassemblai toutes mes forces et posai à nouveau la question.
— Que s’est-il passé ? murmurai-je de cette voix toujours inconnue.