Le système de gouvernance autoritaire est en crise. Après des décennies d’errance politique, peut-il se remettre en cause et engager une révision salutaire ? A-t-il la volonté et l’éthique nécessaires à l’ouverture d’une nouvelle voie qui consacrerait l’État de droit démocratique et les aspirations légitimes de liberté, de dignité et de justice, exprimées par les Algériens durant leur longue quête d’émancipation citoyenne ?
Après l’exceptionnelle mobilisation populaire entamée en février 2019, qui a révélé une Algérie politisée et plurielle malgré les traumatismes, les manipulations et les outrages à l’histoire, l’heure est au bilan et à la réflexion. Dans cette halte imposée par une répression implacable, un collectif pluridisciplinaire de jeunes chercheurs analysent des enjeux - politiques économiques, économiques, sociaux - et tracent des perspectives à l’aune des revendications citoyennes du hirak. Le verdict est formel : sans consensus autour d’un nouveau contrat social qui valorise la citoyenneté et les droits de l’homme, sans réformes politiques majeures, le pays risque de sombrer dans une régression fatale.
Malgré la chape de plomb qui paralyse les énergies, un avenir fait de liberté et de modernité est possible. Il passe par la production d’idées et de connaissances sur la société et l’État. En attendant d’agir pacifiquement, pour le réaliser …