Dans ce troisième tome, le lecteur trouvera un aperçu sur la période suivante, sous la présidence de Chadli Bendjedid (janvier 1979-novembre 1988). Fidèle à la méthode khaldounienne, je livre un témoignage événementiel sur les années 80 du siècle dernier tout en essayant d'en tirer des enseignements pour la période
actuelle. Durant trois ans et demi, comme ministre-conseiller, je me suis échiné auprès d'un président qui a pris à coeur une fonction où le moindre faux-pas risque de coûter cher. Durant les six années et demie qui ont suivi, comme ministre des Affaires étrangères, j'ai fait en sorte que mes paroles et mes actes fassent honneur à mon pays.
Le lecteur découvrira sans doute qu'au terme d'une décennie, l'auteur éprouve un certain désenchantement : dès lors que le rêve s'évanouit et la passion s'émousse, que les repères s'estompent et les compères décampent, le coeur n'y est plus. Alors surgit le désenchantement qui vous saisit et vous submerge. Alors il faut savoir quitter la scène... Ainsi, à l'âge de cinquante-six ans, j'ai pris congé sans abandonner pour autant le combat politique. Ce sera, si Dieu le permet, l'objet du tome IV de ces Mémoires qui couvrira la période allant de novembre 1988 à avril 2004.
Extrait de la préface
Ahmed Taleb Ibrahimi né le 5 janvier 1932 à Sétif, est un homme politique algérien, médecin (hématologue), intellectuel, et écrivain. Il est le fils de Mohamed Bachir El Ibrahimi, et chef du parti Wafa non agréé et candidat à la présidentielle de 1999.
Il a vécu à Tlemcen de 1933 à 1945. Il participe à la fondation de l’organe francophone de l’Association des oulémas musulmans algériens, le journal Le jeune musulman. Ce journal avait pour mission d'éclairer la jeunesse algérienne. Plusieurs personnalités l'ont aidé dans son travail comme Ahmed Taoufik El Madani,Mostefa Lacheraf, Malek Bennabi, Mohammed Chérif Sahli, Amar Ouzegane.
En France, il milite pour la fondation de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA). Ahmed Taleb Ibrahimi devient président de l'UGEMA et en parallèle, il suit des études en médecine. Par la suite, il est mis en prison à cause de son militantisme pour l'indépendance de l'Algérie, de 1957 à 1961.
Lors du mandat du président Ahmed Ben Bella, il est arrêté à la suite des déclarations de son père, il restera huit mois en prison. Au temps du président Houari Boumédienne et de Chadli Bendjedid, Il fut ministre au gouvernement algérien notamment à l'Éducation et aux affaires étrangères.