«Une saison de tourmente» est l'histoire d'une
fugue. C'est le récit de l'errance d'un jeune homme qui se
perd dans un labyrinthe où le réve cherche à faire échec à
la réalité. Rongé par ce malaise et à la recherche de
lui-même, il quitte travail et épouse pour un périple qui
le mène au sud du Maroc, puis dans le Haut-Atlas.
Tourmenté par l'angoisse de son époque, et par les vicissitudes
de la vie, écoeuré par les injustices de la société et
révolté par son impuissance face à la bêtise, le narrateur
est hanté par la quête éperdue d'une paix qu'il désire de
tout son âme mais qui le fuit désespérément. La véritable
fugue, c'est lorsqu'il décide de se réfugier au fond de son
être et de sa mémoire afin d'échapper à la triste réalité
d'une société hostile et hypocrite, faite d'incompréhensions
et d'incompatibilités. Mais là il découvre une vérité
mortelle : au fond de lui même il n'y a rien, le néant. Le
récit est à la fois violent, poétique et tout en métaphores
car il est évident que c'est la tourmente de toute une
génération, voire celle de toute la société qui est dépeinte
à travers celle de l'auteur.
"J'espérais ne plus avoir à espérer. L'espoir m'avait perdu,
et m'empoisonnait la vie. J'avais renié au fond de moi-même cet
espoir qui renaît chaque matin, qui renaît de lui-même telle une
fatalité. J'avais enterré cette lueur intérieure qui s'impose
envers et contre votre volonté. Résigné, j'imaginais déjà une vie
sans espoir et sans surprise. Une vie pas forcement désagréable
ni désespérément vide."