Pourquoi vous parler de faits divers dans ce second numéro d'Alibi ? Parce qu'ils fascinent, à en
croire les audiences des émissions télévisées consacrées à ce genre et le succès en librairie des
documents les relatant, sans oublier la presse spécialisée. Ils méritaient donc un dossier pour
tenter de comprendre ces évènements qui, au-delà du factuel, en disent long sur la société dans
laquelle nous vivons. Pour Roland Barthes, "le fait divers serait le rebut inorganisé des nouvelles
informes... désastres, meurtres, enlèvements, agressions, accidents, vols, bizarreries, tout cela
renvoie à l'homme, à son histoire, à son aliénation, à ses fantasmes, à ses rêves, à ses peurs"
(Essais critiques, 1966).
Fantasmes, rêves, peurs. Des mots qui conviennent plutôt bien à l'entretien que nous a accordé
James Ellroy. L'écrivain dit tout avec sincérité et, parfois, un zeste de provocation. Jo Nesbø nous
sert de guide pour une visite d'Oslo. Quant à Harlan Coben, vous saurez pourquoi la France l'a
baptisé "le maître de vos nuits blanches". Vous découvrirez aussi des femmes et des hommes
qui pourraient devenir des personnages de polars, comme l'experte scientifique Céline Nicloux,
l'ancien braqueur Karim Maloum ou Éric, un indicateur de la police, qui a décidé de livrer sa
vérité sur les relations entre flics et informateurs dans un témoignage inédit.
Cette édition du printemps serait incomplète sans nos rubriques régulières. Dans "Anthropométrie",
nos coups de coeur en images ; "À la barre", nos spécialistes poursuivent leurs travaux ; dans les
"Archives", Simenon et les femmes ; James Bond passe par la "Fourrière" ; et nos chroniques de
livres, de films, de séries télé, sans oublier notre témoin oculaire, caché sous une bâche.