L'ombre de Raymond Mondon (1914-1970) plane toujours sur la ville qu'il administra sans partage de 1947 à sa mort. Maire de Metz à seulement trente-trois ans, réélu à chaque scrutin au premier tour, cet ancien résistant, échappé deux fois des griffes de la Gestapo, incarnait dans toute sa sensibilité l'âme de sa ville. Surnommé affectueusement le « Donjon de Metz » par le baron du gaullisme social, Jacques Chaban-Delmas, il a vécu aux premières loges de la Ve République par ses fonctions gouvernementales et demeure avant tout « le duc tout-puissant de Metz et le maire de coeur des Messins ». Homme de dialogue et d'ouverture, proche de Pompidou, il a su prendre les risques pour désenclaver sa ville et l'arrimer au XXIe siècle. Bien que le bilan de son activité municipale soit entaché par les années noires de l'urbanisme, il a obtenu notamment pour sa ville le siège de la région Lorraine, l'autoroute Paris-Strasbourg et la création de l'université, sans oublier la fusion des communes de Borny, Magny et Vallières, qui permettent encore aujourd'hui le développement de Metz. Par là, Raymond Mondon est vraiment représentatif de cette génération qui, avec ses réussites et ses défauts, a reconstruit la France. Cette biographie rappelle la singularité de Raymond Mondon dans la vie politique française, dont il fut une figure importante et toutefois mal connue. Gaëtan Avanzato y rétablit certaines vérités et bouscule quelques idées reçues, à l'égard de celui que la mort a privé d'un grand destin d'homme d'État.