Présentation de l'éditeur
Dans les années 80 du siècle passé à Paris, avant son embellissement petit-bourgeois et l'expulsion des dernières vagues de prolétaires pauvres, au milieu des punks et des autonomes squatters, les chevaliers de Reine sont ivres de révoltes, de gloire parfois, de désespoir souvent.
La vie leur échappe et ils en perdent un peu en courant. Reine et Arthur, son amoureux aventureux, prennent deux chemins différents mais parallèles.
Leurs illusions – l'un en un monde meilleur et plus juste, la lutte jusqu'à la victoire, l'autre dans une liberté possible, jouir sans entraves – se jouent d'eux à chaque détour. Et tous les chevaliers des trottoirs parisiens arpentés et des squats en lutte sont ivres, résolument ivres et en dérive.
Les Gens Bons de Paris s'en prennent plein la tranche et n'en reviennent pas. Tous ces pauvres s'agitent et manifestent, non mais gare, ils veulent les mêmes droits que les Gens Bons n'auront plus.
Il va falloir encadrer sévèrement tout cela, il faut une association et un responsable aux ordres.
Biographie de l'auteur
La lecture d'un éventuel curriculum le concernant pourrait faire apparaître une logique de choix individuels autant qu'une vie professionnelle chaotique et précaire. Après un apprentissage professionnel sur le tas lors de nombreux chantiers de réfection d’appartement sur Paris et région, son expérience de travail non déclaré rend possible des embauches multiples de courte durée. Une activité sociale intense au travers de comités de lutte, logement, chômage, immigration, enfermements, et une proximité permanente avec des précaires est devenu un des matériaux de base de ses travaux d'écriture (« Ne peut être vendu », « De l'autre côté de la rivière », « Reine », « Destin majeur » en cours). Depuis l'âge de huit ans et la rédaction de l'éphémère « Les fabuleuses aventures de Jeannot Lapin », racontant l'épopée enfouie de la découverte d'un appartement Parisien par un lapereau apeuré et Nivernais, il a toujours eu un goût prononcé pour la littérature, celle des autres, la sienne. Volant la clé de l'armoire secrète où une maman craignant pour ses beaux livres entassait une bibliothèque classique fournie, il s'installait des heures durant dans la lecture de tout Balzac, Victor Hugo, Émile Zola… Son adolescence fut plus intéressée par des auteurs modernes et surréalistes de Rimbaud à Vian. Jules Vallès nourrissait son indignation. Plus tard il découvrit les étranges étrangers Istrati, Hikmet, Kundera, Fante, Auster, tant d'autres. Vint alors la nécessité impérieuse de réunir tous ses parcours dans une écriture portée sur le réel des oubliés, de dire leurs indignations, leurs révoltes, de couvrir un peu le brouhaha des paroles portées par des arrivistes politiciens et autres professionnels de l'encadrement autoritaire des pauvres et de leurs luttes.