Aller simple pour les Aurès
Chronique, sans chiqué sans cliché de l'histoire, avec un petit « H », d'un appelé pour le maintien de l'ordre en Algérie.
L'histoire de France, avec un grand « H ».
« Au retour de la guerre d'Algérie, dans nos familles, nos villages, nos communes, aucune reconnaissance implicite ne s'est exprimée de nos aînés.
Notre séjour guerrier par-delà la grande bleue ne tenait pas la comparaison avec 1914-1918 et 1939-1945...
Il fallait faire comme si nous, les appelés, n'étions partis là-bas que pour faire de la figuration militaire en accomplissement de notre service obligatoire.
La plus cinglante des réflexions de nos anciens tenait en ces quelques mots : «Tu nous les casses avec ton club Med ! ».
La plupart d'entre-nous sommes restés muets.
Pourtant, pour Gribouille, crapahuter jusqu'au col du Tigerchouine ne fut jamais une rando touristique.
Se prémunir d'un second Kroumt sur Chir-village n'était pas de la « roupie de sansonnet ».
Protégé par sa naïveté, le bleu Gribouille en a pris « plein la gueule » : de la violence, de la terreur en terre fell des forces maquisardes FLN des Aurès-Nementcha.
Avec la katiba de l'Arba et le groupe dissident de la palmeraie de Menâa, le caporal Gribouille a côtoyé les abîmes de l'impossible au point de désespérer de s'en sortir...
Entre courage et « faute à pas de chance », le caporal- chef Gribouille a finalement décroché son billet de retour des Nementcha pour son Poitou natal. »