Mes escalades dans les Alpes et le Caucase
(Albert F. Mummery)
Le 25 août 1895, lors de la première ascension d'un sommet de plus de 8000 mètres, le Nanga Parbat, disparaît Albert Frederick Mummery, qui sera considéré comme le père de l'escalade dite "sportive". Élève de Burgener avec qui il fait ses classes dans les Alpes, il décide avec ses compagnons, à partir de 1888, de se passer de l'accompagnement des guides, pratiques qui restera controversée longtemps après sa mort.
Paru en 1903, le récit de ses premières, My climbs in the Alps and Caucasus, fut édité en version abrégée en France (Le roi du rocher). C'est ici la version intégrale qui en est donnée, afin de rendre hommage à ce pionnier des hauteurs, qui contribua à faire pénétrer l'homme dans une zone dont il fut longtemps exclu.
Extrait du texte original
Le pont de glace n’arrivait pas jusqu’au pied de la cheminée, mais il laissait béante une ouverture précisément bien placée pour recevoir Venetz dans sa chute, et la position de celui-ci apparaissait extrêmement critique. Burgener, voyant la nécessité d’une action immédiate, saisit la corde de secours et, sans attendre d’y être attaché, il me laisse le descendre dans la rimaye. Il escalade promptement l’amas confus de blocs de glace tout branlants et se trouve bientôt à portée de prêter à Venetz l’aide nécessaire. Celui-ci, après une courte halte sur les épaules de Burgener, arrive à licher son piolet entre roc et glace, et, s’en servant comme d’une marche, à gagner une position tolérable sur un rocher en corniche.