A parcourir ce récit qui couvre dix années de la vie d’une femme, le lecteur sera tenté de penser qu’elle a tout perdu : ses seins, sa chevelure, ses ovaires, son mari, sa maison, son travail et son salaire. En effet, le tsunami provoqué par un cancer la conduit à bien des renoncements. Mais la vie est ainsi faite, à chaque perte correspond une victoire : une rémission, une réponse métabolique complète, des tatouages, la publication de trois livres, 220 kilomètres à pieds, la création d’une association, la rencontre avec une île. Et surtout, la plus belle d’entre toutes, continuer d’accompagner sa fille sur le chemin de sa vie.
Composé d’extraits de journaux, de textes, de poèmes, de photographies et d’articles, cet écrit à l’apparence déconstruite narre les métamorphoses corporelles d’une femme, la singularité de ses choix, son parcours de reconstruction et son combat pour approcher la liberté. Malgré l’originalité de sa forme, ce livre se lit comme un roman. Il n’y est pas seulement question de la maladie. Entre les lignes, se révèle avant tout la trajectoire d’une femme déterminée à se réappartenir.