Un spectre hante l’Europe, le fantôme éternel du diable. Incarné, notamment après Auschwitz, à travers la figure du meurtrier de masse qu’était Hitler, ce spectre moyenâgeux, celui de la « Grande peur du diable », est aujourd’hui manipulé par une nouvelle religion, le wokisme, ou religion des éveillés qui hitlérise, fascise, diabolise à plaisir tous ceux qui s’opposent à elle.
Une nouvelle démonologie s’est donc constituée, en Occident, qui anathématise, le plus souvent au nom du Bien, de la Gauche et du Progrès, tout ce qui lui semble relever d’une pensée conservatrice ou de droite. Désormais, lorsque l’on n’est pas woke, on est défini comme fasciste ou d’extrême droite, c’est-à-dire comme démoniaque. On est même assimilé à Hitler ou au nazisme donc au Mal absolu. Or, cela peut avoir de graves conséquences sociales voire physiques, ainsi que l’a montré la violente répression contre les Gilets jaunes, qualifiés de « Gilets bruns » ou l’attentat contre Donald Trump que les médias américains mainstream assimilent régulièrement au Führer allemand.
En remontant jusqu’aux fondements idéologiques, notamment staliniens et gauchistes de cette nouvelle religion séculière, intolérante, fanatique, cet essai tente de nous alerter sur le risque que la diabolisation comme stratégie de déconsidération de l’opposition populaire, de droite ou conservatrice, fait courir à la démocratie. Il appelle à reconstruire une éthique démocratique de la discussion fondée sur une raison délibérative, respectueuse de chacun, enfin débarrassée de toute référence au diable.
Michael Paraire est philosophe. Il clôture avec cet essai un cycle de réflexions sur la diabolisation inauguré par Ainsi pensait Éric Zemmour (2021), La Dictature des futurologues (2022) et Résister à la guerre civile (2023)..