La quarantaine suscite parfois d’impérieux besoin de changement. La naïveté y trouve quelque contentement à tenter des exploits impossibles.
Le narrateur de ce récit, quoique bien installé dans la vie professionnelle parisienne, décida d’en changer pour devenir son propre patron. Il le fit à Marseille, ville de tous les possibles s’il en est.
Ce naïf, optimiste invétéré, se soucia comme d’une guigne des clichés selon lesquels les marseillais étaient fort mal disposés aux parisiens souhaitant tenter l’aventure dans la vieille Cité Phocéenne.
C’est d’un cœur léger et plein d’espoir qu’il acquis une société de coursiers composée exclusivement de minots des quartiers nord, condition d’appartenance nécessaire pour pouvoir livrer ces cités marseillaises fermées à toute autre engeance que celle qui y avaient grandi.
Dans les cités, la loi de la République avait été supplantée depuis longtemps par celle des bandes qui organisaient la vie locale à leur manière et suivant leurs intérêts !
Rapine, deal, trafic en tous genres faisaient le délice des gazettes !
Sous l’empire romain, les auteurs d’acte de brigandage ou de vol étaient enfermés dans un sac noué par une corde. Ils étaient ensuite jetés dans le Tibre où ils mouraient noyés.
Ce châtiment a donné l’expression « personne de sac et de corde » pour qualifier les gens peu recommandables. Les acteurs de cette histoire sont de ceux-là.