Charles Pierre Péguy est un écrivain, poète, essayiste et officier de réserve français.
C'est aussi un intellectuel engagé : après avoir été militant socialiste libertaire, anticlérical, puis dreyfusard au cours de ses études, il se rapproche à partir de 1908 du catholicisme et du nationalisme ; il reste connu pour sa poésie et ses essais, notamment Notre Jeunesse (1910) ou L'Argent (1913), où il exprime ses préoccupations sociales et son rejet de l'âge moderne, où toutes les antiques vertus se sont altérées. Le noyau central et incandescent de toute son œuvre réside dans une profonde foi chrétienne qui ne se satisfaisait pas des conventions sociales de son époque.
Notre jeunesse est un essai publié en juillet 1910. Il prend place dans la série des Cahiers de la Quinzaine comme le douzième cahier de la onzième série1. Péguy y développe longuement l’idée de la dégradation politique de la France après les multiples rebondissements de l'Affaire Dreyfus, avec la conviction que « tout parti vit de sa mystique (entendue au sens d’« idéal ») et meurt de sa politique ». Constatant que les années 1880-1882 sont marquées par la réforme scolaire de Jules Ferry, il fixe à la date « discriminante » de 1881 le début de « la domination du parti intellectuel » en France, parti qui a trahi l’idéal républicain, et qui méprise également les héros et les saints, selon les propres mots de Péguy.
Notre Patrie. "Un orage montait que nul ne voyait venir". Dans un style singulier, inclassable, Charles Péguy perçoit la fin possible de la liberté et le danger imminent d'une invasion allemande. Il y interroge aussi, avec brio, notre rapport à la Guerre et à la mémoire.