Les lecteurs de Lovecraft sont habitués aux chimères, aux difformités, aux anormalités « blasphématoires » nées dans l’imagination du gentleman de Providence. Dans Excursions en ancienne Amérique, il ne trouveront rien de tout cela et même, ils trouveront plutôt tout le contraire. Ces petits textes, à peine trois ou quatre fois plus longs qu’un de ses récits parus dans Weird Tales dessinent, non pas la figure étrangère et effrayante d’un cauchemar mais bien plutôt l’image aux couleurs merveilleuses, aux lignes exquises d’un rêve éveillé. En effet, Lovecraft couche sur le papier ses impressions et réflexions, après un peu de tourisme dans l’Amérique qu’il aime par dessus tout : l’Amérique rurale ante-révolution, l’Amérique coloniale, celle des pionniers, des pères fondateurs, des aventuriers britanniques, des perruques poudrées, des S longs et des rois George. L’ouvrage se présente donc comme un guide à l’usage des promeneurs et des amateurs « d’antiquités ». La litanie des noms, des lieux, des paysages et le style plein d’un humour contenu donnent naissance à une sorte de poésie inattendue qui réjouira le cœur de ceux qui, comme Lovecraft, sont nostalgiques d’une Amérique disparue à jamais. Cet ouvrage contient quatre textes : Voyages dans les Provinces de l’Amérique (1929), Un compte rendu d’une excursion (1929), Vermont (1927), Observations sur plusieurs parties de l’Amérique (1928). Plus un poème inédit en français.