Couverture et enveloppe spirituelle, le manteau est un véhicule de divine onction. Le vêtement qu’Élie transmit à Élisée était chargé d’un tel pouvoir prophétique qu’à peine reçu, il partagea les eaux du Jourdain. Il suffit que la femme hémorragique touchât le bord du manteau de Jésus pour qu’elle guérît aussitôt. Et Jésus sentit alors une force sortir de lui. Ce que l’on sait moins, faute d’interroger les kabbalistes qui enseignent à ce propos, c’est que le vêtement prophétique ne devait son pouvoir miraculeux qu’à cette force dont il était imprégné, une force d’onction appelée ḥashmal חַשְׁמַל.
Les plus fascinants développements de la kabbale et de la mystique chrétienne convergent en cet ouvrage autour de ce simple mot : ḥashmal חַשְׁמַל. Ce terme que l’hébreu moderne traduit par « électricité » recèle les mystères oubliés du « vêtement de lumière », signe d’une vie surnaturelle et sainte que le philosophe Blaise Pascal qualifiait fort justement d’« ordre de la charité ».