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LES CAISSES DE L'ARCHEVÊQUE

Patrick Staath
  • 10/04/2020
  • Independently Published
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Couverture de LES CAISSES DE L'ARCHEVÊQUE par Patrick Staath

Résumé

« LES CAISSES DE L’ARCHEVÊQUE » ROMAN POLICIER HISTORIQUE. André Savrin, personnage central de mes polars, est né le jeudi quinze juin 1871, pendant les événements de « La Commune de Paris ». Avocat du barreau de Paris, ses origines modestes, et les méandres de son parcours vital, l’ont amené à être l’avocat, « Le Bavard » de ces messieurs du milieu, des pégreleux et des truands. Ceux-là, ayant été ses compagnons de jeux, et de misère, il connaît les arcanes, régissant les rapports des êtres, dans cet autre monde. Célibataire, il préserve sa liberté, aime la vie, les plaisirs de la table, et ne dit pas non, aux œillades incendiaires des filles du trottoir. Il manie l’humour, la dérision, et la gouaille, identitaire du peuple Parigot de l’époque. Il est un des premiers, avocats, à exercer comme enquêteur. Une nouveauté, lui permettant de révéler les faits écartés des dossiers d’instruction, ficelés par avance. Sportif accompli, il s’entraîne à la « Savate », au Gymnase de l’École Alsacienne, ou au Gymnase Japy près du boulevard Voltaire.Un extrait où Savrin rencontre son client pour la première fois.PARIS 1906Je déteste Bicêtre, la taule la plus insalubre et abominable de Paris…Le maton, ouvrait avec difficulté, la lourde d’une pièce étroite, aux murs blanchis à la chaux qui s’écaillait… Je m’installais, face à la porte, sous la lumière blafarde, d’une lampe à pétrole, jaunie de chiures de mouches. Le préposé aux clés, se fendait d’un sourire en créneaux médiévaux. —C’est la seule pièce encore potable, les autres sont condamnées, dit-il, content de ce bon mot. Avec votre client, vous allez réviser l’histoire de France, c’est un allumé, qui s’prend pour un mousquetaire… Visage émacié, les yeux fiévreux, enfoncés dans les orbites, chevelure noire ondulée, descendant sur les épaules, tout y était, même la moustache et la barbiche à la Richelieu. En pose théâtrale, il se présenta en roulant les R, me saluait, en gestes larges, secouait et baladait un bitos à plumes imaginaire. —Charles de Batz de Castelmore, dit d'Artagnan, dit aussi Marcel Dubiche, par les gens de votre temps, votre serviteur ! Il fit le tour de la pièce, passait d’un mur à l’autre devant la table, ne tenait pas en place et avait l’air complètement parti.—Dis donc d’Artagnan, de deux choses l’une, ou tu vas passer à la question en r’tournant dans tes chaînes, ou tu poses tes miches sur cette chaise.Regardant l’espace de haut, il s’asseyait en repoussant les pans d’un habit chimérique, se dégageait de son ceinturon, et posait sur la table sa flamberge et son fourreau. —Écoute-moi mousquetaire, je suis ton bavard. J’ai été prévenu de ta comparution prochaine, pour vol et recel. Les caïds de Paname m’ont mandaté, pour essayer de te sortir de ton cul de basse-fosse, j’me d’mande encore pourquoi.—Maître, je suis serviteur du Roi, de Dieu, et, entre nous, aussi du roi des fous, qui règne en la cour des miracles. N’êtes-vous pas fou vous-même ! Pour prendre fait et cause du misérable que je suis ?—Marcel, tu commences à me tartir, et j’ai pas l’intention d’être ton public. Si t’arrêtes pas ton carrosse, j’mets les bouts ! T’es en tenue d’artiste, t’as encore tes tifs ! Dans l’instant, revenu aux réalités, il retrouvait son accent du faubourg et une attitude d’affranchis.—Oui, je suis en garde à vue, elle s’est prolongée deux fois, mais ils m’ont laissé intact. Comprenez, c’est mon gagne-pain.—Si tu continues à m’énerver, je demande la boulle pour raison sanitaire.Le mousquetaire, en rabattait un maximum.—J’m’excuse, j’étais encore parti à la recherche des ferrets de la Reine. J’vais moisir ici dans les oubliettes, et j’ai besoin de ces images qui me font oublier ma condition. Elles me transcendent, vous comprenez ? —Bon, bref. Tu es accusé de vol et recel d’objets du culte. D’où as-tu tiré cette quincaillerie ?—J’sais pas, j’sais plus.

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