La mère de Christophe Colomb écrit dans ses mémoires, aujourd’hui perdues, que son fils durant sa jeunesse souffrait de la maladie du sommeil. Pour le guérir de ce mal, elle recourait à un traitement utilisé dans les monastères. Elle faisait croire à son fils qu’il était non pas cinq, mais huit heures du matin, et qu’il devait quitter son lit pour aller à l’école qu’elle lui disait distante de deux kilomètres, au lieu des dix réels. Colomb guérit de cette maladie. Cependant, son cerveau subit tout au long de sa vie les effets secondaires de ce traitement par ailleurs efficace. Il en avait perdu la perception du temps et de l’espace. Trois mètres étaient pour lui un mètre. Et un jour, quarante-huit heures. Ceux qui le connaissaient, bien entendu, ils en profitaient: on lui vendait un mètre de corde, et ils lui présentaient une facture pour trois mètres de corde.Devenu adulte, il vivait avec une idée fixe. Selon lui, on pouvait rejoindre le Japon en trois mois avec une caravelle, alors qu’en fait, il fallait un an de voyage, de marches épuisantes et dangereuses tout au long de la route de la soie qu’empruntaient les caravaniers parmi déserts et montagnes. Pour lui, le Japon se trouvait à un tir de canon des côtes espagnoles, alors qu’en réalité, le Japon se trouvait plutôt à un tir de missile nucléaire. Sûr de lui, il proposa alors son projet au roi du Portugal qui le refusa aussitôt.Il se tourna donc vers le roi d’Espagne Ferdinand le catholique, également notre roi, qui, réaliste comme il l'était, perçut dans cet idéaliste un enquiquineur et un casse-pied. Il décida donc de s’en débarrasser en lui donnant trois anciennes caravelles pleines de rats et de trous. S’il réussissait, l’Espagne serait le pays le plus riche et la nation la plus puissante d’Europe. S’il n’y parvenait pas, l’Espagne aurait un emmerdeur en moins.Colomb partit et arriva trois mois plus tard sur une île qu’il croyait être le Japon. Il rencontra le gouverneur et ce dernier lui dit qu’il n’était pas au Japon, le détrompa et dit qu’il s’appelait Fidel Castro. Il continua donc vers le nord et découvrit une immense cité: Tokyo. Là, l’empereur, après l’avoir accueilli avec une grande courtoisie, lui dit que la ville ne portait pas le nom de Tokyo, mais de New York, qu’il n’était pas l’empereur du Japon, mais qu’il s’appelait Barack Obama. Christophe Colomb le crut, en grande partie parce qu’il avait la peau noire et non jaune, et déçu il quitta New York. Il remplit la première caravelle de pommes de terre mexicaines (et non pas des succulentes pommes de terre péruviennes qui arriveront plus tard en Europe), la seconde de tomates mexicaines, et la troisième de feuilles d’un pseudo-basilic qui ressemblaient beaucoup aux feuilles très parfumées du basilic asiatique, mais n'en étaient pas. Après avoir rempli les canots de sauvetage, de deux ou trois kilos d’or acheté chez les bijoutiers indigènes et payé avec quelques kilos de billes de verre, il leva les voiles et retourna en Espagne.