Chaque grande crise est l’occasion d’une réflexion renouvelée sur les questions premières, trop souvent oubliées dans le train quotidien des affaires du monde. Elle est aussi la possibilité de faire émerger un monde nouveau. Dans la profusion de réflexions suscitées par la crise actuelle du Coronavirus, qui ébranle les “fondements de la terre”, nous voudrions esquisser le chemin d’une pensée qui envisage celle-ci non pas seulement comme une crise sanitaire, économique ou politique, mais aussi comme une crise touchant au rapport de l’homme au monde. N’est-il pas urgent dès lors de proclamer de nouveau la centralité de l’homme dans le monde, en lui rendant sa dignité éminente, au lieu de prétendre “sauver la terre” ou la “diversité” animale ou végétale (soucis tout à fait légitimes, mais qui ne peuvent passer avant celui de l’être humain) ? L’homme d’aujourd’hui, comme jadis, attend avec impatience que les eaux “baissent sur la terre”. Confinés depuis un an dans l’Arche, nous attendons d’entrevoir la colombe porteuse de la feuille d’olivier qui annoncera la décrue, puis la fin du Déluge et le retour sur la terre ferme et chaleureuse, augurant d’un nouveau départ pour une humanité plus juste et plus confiante.