Il y a là-dedans, au-delà de la parodie du Nouveau Roman, un zeste de conte philosophique, une pincée d’épopée immobile, une base de roman de gare pseudo ésotérique, quelques traces de la notion de personnage lui-même et de sa quête, beaucoup de second degré et d’autodérision.
Amusons-nous, avant toute chose, ne prenons vraiment jamais très au sérieux notre drôle de petite existence, voilà la seule solution pour pallier à l’absurdité de notre condition. Et ne nous laissons surtout pas abattre, nous n’en avons pas le temps, laissons donc notre grain de folie s’exprimer...Christophe Carpentier passe ainsi de l’apathie à la traversée initiatique des Enfers, du regain au repli : du départ au terminus, le trajet ni l’homme n’est jamais tout à fait linéaire ni prévisible...
Car derrière nos récits de vie individuels, nos trajectoires incertaines, nos minces victoires et nos grandes défaites, il y a toujours la volonté proprement philosophique et métaphysique de donner du sens à ce qui s’apparente pourtant souvent à de l’aléatoire, et à de l’agitation vaine. Donner un ordre au désordre, remplacer l’hébétude par un but. Nous sommes aussi passagers, doubles consentants ou refoulés de Christophe Carpentier, qui aurait pu d’ailleurs comme nous se nommer Alexandre Muller, Pierre Dubois ou encore Florent Roussel...