Un roman atypique de Charles Exbrayat, célèbre pour ses romans policiers, à classer en deux catégories : ceux qui donnaient dans la comédie, voire la parodie, et les policiers sérieux, souvent très violents. "La route est longue, Jessica", roman sérieux, est le seul western écrit par Exbrayat. Il décrit une petite ville, Beechupland, tenue par un sherif dur mais honnête, et pour qui l'avenir de ''sa ville'' passe par dessus tout. Un jour, un jeune homme décide de tenter sa chance et part chercher de l'or, afin d'assurer un avenir à sa fiancée, fille d'une belle veuve au caractère bien trempé, Jessica. Son départ plonge les habitants dans un profond désarroi. C'est alors que des événements tragiques vont survenir et que les morts violentes vont se succéder. Exbrayat a superbement mis en écriture l'ambiance survoltée de cette ville plongée en plein drame, tout en ménageant un certain suspense doublé d'une intrigue policière qui aboutira à une admirable scène de procès, passionnante, dont l'issue constitue un véritable coup de théâtre qui laisse pantois. De plus, il a parfaitement intégré certains éléments classiques souvent vus dans les westerns, tels que le sherif, les saloons, les voleurs de grand chemins, les chercheurs d'or, les noirs et leur dure existence car méprisés par les blancs, et bien sûr l'atmosphère d'une petite ville de l'Ouest, encore naissante et donc fragile. La fin atteint à la tragédie la plus pure, bien qu'Exbrayat en rajoute un peu trop dans le mélodrame.