Depuis la Conférence mondiale sur l'alimentation de 1974, la situation alimentaire mondiale s'est améliorée mais des centaines de millions de personnes souffrent encore de la faim. Les stocks mondiaux de céréales fluctuent fortement ; ils ont atteint en 1996 des niveaux exceptionnellement bas et la menace d'une pénurie mondiale est réapparu. Si l'accroissement de la production demeure une nécessité, il devra s'opérer prioritairement dans les pays les plus démunis car ceux-ci ne peuvent compter sur les marchés internationaux instables pour s'approvisionner : c'est la capacité d'acquérir ces produits qui pose problème. La pauvreté et l'exclusion sont aujourd'hui les causes principales de la sous-alimentation. Entre la loi du marché et l'intervention publique, le droit à l'alimentation pour tous ne pourra être garanti sans une plus grande démocratisation des décisions.