L’auteur dresse, au travers d'une suite d'aventures, une vaste fresque de la vie montagnarde des confins du Gévaudan, de l'Auvergne et du Velay. Il relate les mœurs, les moments forts de cette contrée : scènes de pêche, de chasse, d'où la bécasse et le loup ne peuvent être exclus. Nous pénétrons dans l'« oustal grand » du Chambon (Saint-Symphorien en Gévaudan) ou dans le manoir maternel des Genestet, à Cheyrac, non loin du Puy-en-Velay, sa « patrie de prédilection ». Une biographie nous relate son premier exil comme étudiant dans un austère presbytère, proche de La Chaise-Dieu, tempéré ensuite par d’heureuses années au collège de Brioude. Notre jeune notable achève son adolescence turbulente à la tête de la « Légion belge parisienne », oublieux de la Faculté de Droit de la place du Panthéon... Il nous narre l'enthousiasme des recrues et l'épisode de leur première expédition en 1830. Distingué dans les combats entre Bruxelles et Anvers, il devra revendiquer la nationalité belge, estimée conquise par sa participation au « baptême du feu », d'où naquit la Belgique. Une disgrâce le frappera pour avoir procuré un « accueil empressé » aux proscrits du coup d'état de Louis-Napoléon. Il aspira vainement au commandement des volontaires belges pour le Mexique, mais se vit confier la responsabilité des travaux de fortification d'Anvers. Honoré des épaulettes de général, il prit sa retraite à Lagny-sur-Marne, où il organisa, en 1870, contre l'envahisseur allemand, un plan de résistance mal reçu des autorités. Ses longs séjours d'été au manoir de Trémoulet (Langogne, Lozère) révèlent son identité avec ce haut pays dont il s’est plu à rimer l'éloquence sévère... Du Puy, il entreprit une « ascension au Mézenc », objet d'une longue évocation. Traduits avec humour et poésie, ses tableaux de la scène politique française peignent l’invariable caractère gaulois. Il le cerne en témoignant d’une conscience à la hauteur du patrimoine national.