Qui parmi nous n’a hérité de son enfance l’image d’une Inde féerique, où les aventures les plus invraisemblables se mêlaient au rêve enchanteur d’étranges légendes ? C’était, pour nous, un pays où ruisselaient les pierres précieuses, où les râja possédaient un pouvoir illimité, où les idoles s’animaient d’une mystérieuse puissance, où les fakirs exécutaient d’inquiétantes prestidigitations, où les animaux et les objets étaient doués de la parole. Cette prodigieuse richesse, ce terrain idéal pour les grandes aventures, l’Inde les a effectivement offerts au cours de son histoire, tant il est vrai que tout y existe au superlatif ; les prouesses des aventuriers, les exploits guerriers n’y ont pas manqué ; les noms prestigieux de Golkonde, avec ses diamants, ou de Coromandel, avec ses laques, évoquent de réelles splendeurs; et, de tout temps, les denrées que le monde entier vint s’y procurer furent synonymes de luxe.