Les classiques russes, traduites du vieux russe avec une introduction et des notes par Pierre Pascal. Au XVIIe siècle, tandis qu'en France après les guerres de religion s'épanouit une renaissance catholique, la Moscovie aussi, sortie du temps des troubles, connaît une réforme des moeurs et de l'Eglise. Mais comme Port-Royal rigoriste fera figure d'hérétique, un groupe de popes et d'archiprêtres à la foi exigeante et russe de dresse contre le laxisme grécisant du patriarche. Nicon et maudit la nouvelle Eglise. ce sont les vieux croyants. A leut tête est l'archiprêtre Avvakum. ce fils de curé de campagne est un homme extraordinaire par sa force physique et morale. Il est condamné, envoyé en Sibérie, affecté à une troupe brutale chargée de conquérir l'Amour, pays inconnu, rappelé à Moscou par le Tsar Alexiis, exilé de nouveau cette fois sur l'océan glacial, et finalement brule vif. Tout ce temps, indomptable, il prêche, écrit, objurgue, dogmatise. Il est le prophète de la vieille foi. Voilà ce qu'il raconte dans sa vie. Nous en avons le texte écrit de sa mainen 1672. Elle est d'une franchise totale. Elle nous découvre tous les milieux : la cour, les provinces, les prélats, les indigènes, les boiars, les conquistadors de l'Asie, tous les paysages, jusqu'au Baïkal avec ses effrayantes montagnes. Elle est rédigée dans une langue qui n'a pas sa pareille : slavon d'église et vulgaire, réalisme truculent, dialogues savoureux, confessions naïves. Cette vie est le chef d'oeuvre de l'ancienne littérature russe. Retrouvée il y a cent ans, elle est étudiée maintenant comme un classique. Elle a été traduite en allemand et en anglais. La lecture en est attachante et facile. Le commentaire dont la présente version est accompagnée ne vise qu'à répondre aux questions de lecteurs plus curieux