📍Étape 2 : direction la Grèce
Chers lecteurs,
Notre road trip littéraire se poursuit. Après les ruelles colorées de Naples, les places romaines et les collines italiennes, il est temps de traverser la mer Ionienne.
Quelques heures de trajet suffisent pour voir apparaître les premiers villages blanchis à la chaux, les volets bleus, les bougainvilliers qui débordent des terrasses et cette lumière si particulière qui fait scintiller la pierre.
Aujourd’hui, je vous écris depuis le petit port d’Ithaque. Les barques de pêche se balancent doucement sur une eau limpide. Les cigales couvrent presque le bruit des vagues, tandis que les collines d’oliviers plongent jusqu’à la mer. Ici, chaque cri de mouette semble raconter une vieille légende. Il faut dire qu’en Grèce, les mythes ne sont jamais très loin !
Sans surprise, les valises débordent encore de livres.
Première escale : Ithaque
Impossible de commencer ailleurs.
J’ai glissé dans mon sac L’Odyssée d’Homère. Un choix presque évident en arrivant sur cette petite île où chaque sentier semble encore porter les traces du plus célèbre des voyageurs.
Assise face aux eaux bleues qui entourent Ithaque, j’ouvre les premières pages du récit d’Ulysse, ce héros qui, après dix années passées à combattre lors de la guerre de Troie, tente de retrouver sa terre natale, affrontant tempêtes, monstres et créatures mythologiques.
Un classique qui continue, des siècles plus tard, de faire voyager tous ceux qui l’ouvrent.
Escale à Céphalonie
C’est dans les îles grecques, à Céphalonie, que se déroule La Mandoline du capitaine Corelli de Louis de Bernières. En pleine Seconde Guerre mondiale, l’occupation italienne bouleverse la vie de l’île et celle de Pélagia, jeune Grecque promise à un autre homme. Entre drame historique, romance et humour, ce roman offre un magnifique portrait de Céphalonie et de ses habitants.
Une longue halte en Crète
Mon voyage continue vers la plus grande des îles grecques.
La Crète possède quelque chose de particulier : des montagnes abruptes, des oliveraies à perte de vue, des villages où le temps ralentit.
Impossible d’y passer sans ouvrir Alexis Zorba de Nikos Kazantzákis. Dans un petit village crétois, un intellectuel fait la rencontre de Zorba, personnage libre, exubérant et profondément amoureux de la vie. Au fil des pages, ce sont autant les paysages que la philosophie de Zorba qui donnent envie de ralentir, de danser et de savourer chaque instant.
Quelques kilomètres plus loin, je fais une dernière halte à Plaka, face à la mystérieuse île de Spinalonga.
C’est le décor de L’Île des oubliées de Victoria Hislop. Pendant des décennies, Spinalonga a accueilli les personnes atteintes de la lèpre. À travers les destins d’une famille crétoise, le roman raconte la mémoire de cette île, les blessures qu’elle porte et les liens qui traversent les générations. Une lecture aussi émouvante qu’inoubliable.
Un détour par l’île de Circé
En quittant Ithaque, je mets le cap vers une autre île : Ééa. Celle-ci n’existe peut-être que dans les récits antiques, mais elle est devenue bien réelle dans notre imaginaire : Ééa, le royaume de Circé.
J’y emporte Circé de Madeline Miller, qui donne enfin la parole à la célèbre magicienne longtemps réduite à quelques pages de la mythologie. Entre forêts sauvages, criques isolées et palais tourné vers la mer, le roman offre une autre façon de découvrir les mythes grecs : plus intime, plus moderne, profondément humaine.
Une escale hors du temps.
Cap vers la Thessalie
Je poursuis ensuite ma route vers le nord de la Grèce, dans les paysages montagneux de Thessalie.
C’est ici que commence Le Chant d’Achille, toujours de Madeline Miller. Avant d’être le plus grand guerrier de son époque, Achille est un jeune prince qui grandit auprès de Patrocle. Leur amitié devient une histoire d’amour bouleversante, avant que le destin ne les conduise vers la guerre.
Même lorsque l’on connaît déjà la fin, impossible de refermer ce roman sans être profondément ému.
Dernier arrêt : Thessalonique
Avant de quitter la Grèce, je remonte vers le nord.
Les cafés débordent sur les grandes avenues, la Tour Blanche se dresse face à la mer et les influences grecques, ottomanes et balkaniques se mêlent à chaque coin de rue.
C’est ici que je termine mon voyage avec Le Fil des souvenirs de Victoria Hislop. En remontant le destin d’une famille, le roman fait revivre toute l’histoire de Thessalonique au XXᵉ siècle : son extraordinaire diversité culturelle, les drames de la guerre et la force de ceux qui continuent malgré tout à avancer.
Une toute dernière lecture avant de quitter la Grèce :
Depuis que je suis arrivée en Grèce, j’ai l’impression de croiser partout les héroïnes des mythes. Pénélope semble encore attendre sur les quais d’Ithaque, Circé habite toujours quelque part sur une île lointaine, tandis que les ombres de Clytemnestre ou d’Hélène flottent encore dans les ruines des palais antiques. Pour les retrouver toutes, j’ai glissé dans mon sac L’Odyssée des femmes de Murielle Szac, un livre qui redonne enfin la parole à celles que les légendes ont trop souvent laissées dans l’ombre.
Une belle manière de refermer cette parenthèse grecque.
Notre road trip est loin d’être terminé.
La semaine prochaine, je reprendrai mon sac à dos pour une nouvelle destination. Je ne sais pas encore quelle gare, quel port ou quelle place m’attendra, mais je suis certaine d’une chose : quelques personnages de roman m’y devanceront déjà.
Je vous écrirai très vite.
Καλή αντάμωση — à très bientôt, 🛥️🚗







