Amazon.fr
Voici donc une rencontre que seule la musique peut nous proposer. À ma gauche, la grande tradition musicale germanique représentée par Anton Bruckner. À ma droite, l'héritier de la tradition orchestrale russe, Evgeni Mravinsky. D'un côté la construction presque froide mais aux dynamiques indéniables de la partition d'Anton Bruckner, de l'autre, l'engagement sonore d'un des plus grands orchestres de l'ex-URSS. Le résultat est à la hauteur de l'affrontement. Si Mravinsky n'est pas étiqueté "brucknérien" par excellence, il faut avoir écouté ce Bruckner-là : charnu, engagé, militant, voluptueux presque. Là comme ailleurs, la pâte sonore de l'orchestre russe n'est vraiment pas une simple vue de l'esprit ! Cette dernière donne encore plus de chair à une musique qui pourtant n'en manque pas. Un enregistrement tout simplement sidérant de souffle et de vie qui n'a rien à envier aux grandes visions "brucknériennes" parfois empêtrées dans le trop grand respect de la construction orchestrale. -- Jeanne Semprin