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Huit ans après Élisa, Zbigniew Preisner, connu pour sa collaboration avec le regretté Krzysztof Kieslowski (La Double Vie de Véronique, la trilogie Trois couleurs), retrouve Jean Becker et, par la même occasion, le cinéma français. Il imagine autour d'une trame sommaire une partition subtile basée sur un ensemble réduit tournant autour du piano (harpe, percussion, ensemble de cordes), qui distille une simplicité émotionnelle pertinente, une écriture en suspension qui élève l'esprit des personnages. Tout en résonances et en respirations, la thématique entêtante et délicate illumine cette demi-heure diaphane, tandis que le lyrisme des cordes cristallise les émotions dans la retenue et que les effets dramatiques ne débordent jamais d'une grande sobriété dans les effets. Zbigniew Preisner préfère l'évanescence au démonstratif et se distingue par son platitude à révéler l'essence d'une scène par quelques notes, quelques figures épurées. Un soupçon de poésie enveloppe cette musique nuancée, qui sait utiliser les silences pour traduire l'angoisse des prisonniers. Une belle leçon de simplicité musicale. --Jean-Christophe Arlon