D'un homme, on dit qu'il est grand, mais aussi irascible ;
du cuivre qu'il est rouge, mais aussi malléable et fusible
à 1084°C. La philosophie redécouvre aujourd'hui
que notre monde ne compte pas seulement
des propriétés manifestes, mais aussi des potentialités,
capacités, puissances, vertus et autres dispositions.
Pendant longtemps, ces qualités furent
impitoyablement bannies des discours scientifique et
philosophique pour leur obscurité ou leur trivialité :
à quoi sert-il de dire que l'opium endort parce qu'il
possède une vertu dormitive ? La notion de disposition
céda la place à la notion de loi, enregistrement de
régularités dans la succession d'événements.
Ce volume veut rendre témoignage de l'intérêt nouveau
que la notion de «disposition» suscite chez les
philosophes contemporains. Les textes ici présentés
ont le souci commun d'en défendre la cohérence et
de montrer que nos explications causales peuvent
difficilement s'en passer. Quel rapport la notion
de pouvoir entretient-elle avec celle de loi ?
Une disposition se réduit-elle au mécanisme physique
qui la sous-tend ? La relation entre un pouvoir et son
exercice est-elle logique ou causale ? Voici quelques-unes
des questions auxquelles cet ouvrage tente
d'apporter des réponses.