Pathologie cardiaque et pathologie vasculaire cérébrale sont étroitement liées à plus d'un titre : l'hypertension artérielle, l'hypercholestérolémie, l'artériosclérose touchent les artères coronaires comme les artères cérébrales, bien qu'à des degrés divers. Les enquêtes épidémiologiques, les grands essais thérapeutiques abordent de plus en plus les patients artérioscléreux dans leur globalité. On parle de risque vasculaire combiné, c'est-à-dire que l'on comptabilise à la fois les infarctus du myocarde, les accidents vasculaires cérébraux et les morts d'origine vasculaire quel que soit le territoire en cause. Les embolies cérébrales à point de départ cardiaque constituent un quart des accidents vasculaires cérébraux ischémiques : leur exploration a bénéficié du développement considérable de l'échographie transoesophagienne, permettant de confirmer la responsabilité d'un grand nombre de sources emboligènes, de suspecter voire de discuter le rôle d'autres sources valvulaires, auriculaires ou aortiques. Pour toutes ces raisons, la collaboration entre cardiologues et neurologues est amenée à se développer rapidement dans les années à venir : la prise en charge du patient vasculaire ne pourra s'effectuer correctement que si elle s'appuie sur un dialogue quotidien entre ces deux disciplines qui se sont trop longtemps ignorées. Cet ouvrage, comme son prédécesseur (" Cœur et cerveau ", Masson, 1994), doit contribuer à un tel rapprochement.