Dans ce corps à corps des voix poétiques, les mots s'emportent au-delà de leurs promesses et deviennent ces parures d'algues qui hantent les abords des sépultures marines.
P. Tancelin
«Un serpent de mots gît dans l'origine de ce qui ne sera plus, apparition des disparitions. Son oeil ressemble au trou noir des géologies célestes. Il est cirque et cercle, arène et ligne pure. Pierre échue, il tourne et change, simple spirale d'éveil. Le regard est là, tendu, comme la corde au puits d'éros. La lumière toujours amorce, au souffle nu, le nombre au rythme des forces.
Dans l'entrelacs du corps, parure douloureuse, gît l'ordre rêvé du monde.
La poésie en égrène un chapelet d'aveugle, pétrit le sang des dieux, hurle au chaos. Le tragique gisant millénaire en accueille les cendres vives. Ainsi des mots, attachés de parole, voyageurs noyés des stèles, éveilleurs d'impossible».
Bernard Bénech