Mêlant l'amertume à l'éblouissement, le voyage idéalisé
vers l'Afrique et l'Orient revisite les civilisations naguère
qualifiées de «barbares». L'exotisme rejoint l'histoire et
parfois la mythologie, sans refuser les ressources d'une
imagination nourrie par des récits d'explorateurs et
d'aventuriers.
La femme étrangère dont la beauté accuse impitoyablement
la fadeur des canons occidentaux illumine et
structure tout le recueil : la peau noire ou simplement
hâlée prend au soleil l'aspect des métaux, les visages
deviennent des masques et les corps scarifiés des bijoux
vivants :
Les marins de passage et du port levantin
Ont tant aimé ton corps qu'il reste en ton sillage
Un parfum singulier d'escale et de mouillage,
Et de golfes dorés par un climat lointain.
L'érotisme lui-même devient une forme de nostalgie.
Plus qu'une simple invitation au voyage ou la confession
d'un mythomane, ces textes constituent un hommage
appuyé à la diversité ; ils forment la suite du précédent
recueil, Outremers.