L activité sportive, du fait du rapport qu elle instaure entre les individus, ne saurait être distincte de l activité sociale ; aussi devrons-nous montrer au lecteur comment cette dernière a acquis ses lettres de noblesse grâce au développement des sciences sociales. Celles-ci sont nées précocement avec Aristote qui a remarqué que l action était immanquablement « orientée », mais il a fallu attendre le XVIIIe siècle pour prendre conscience qu elle était de plus en plus « réglée » par des normes, et c est assez récemment qu un sociologue américain, Goffman, a mis en évidence la potentialité dramaturgique, épistémologique, corporelle et rituelle de l interaction sociale. À cette même période l après Deuxième guerre mondiale , la démocratie constitutionnelle, toute occupée à tracer son chemin vers la démocratie « délibérative », voyait l activité sportive tarder à synthétiser ses formes d affrontement. La présente étude montre que, dans un cas comme dans l autre, sont intervenus le « désir », la recherche du « consensus », et, plus fréquemment encore, la « mise en échec ». Ainsi, du point de vue de Sirius, voit-on le sport, d abord se conformer à l activité sociale, puis constituer un apport convaincant, c est-à-dire performer