Le féminisme sonne souvent comme un gros mot, un mot
qui attire à celle ou celui qui le prononce autant de sobriquets
que de franche critique. La rengaine de nos opposants ne cesse
de revoir notre combat, nos analyses ou nos revendications
à la baisse, pointant du doigt une sempiternelle ligne jaune
derrière laquelle nous ne sommes que des extrémistes qui
quittons le sens des réalités. Et pourtant, que nous dit-elle,
cette réalité ? Aujourd'hui en France, il existe 27 % de
différences entre les salaires des femmes et des hommes. 80 %
des travailleurs pauvres sont des femmes. L'écart de leurs
retraites est de 38 %. Une femme meurt tous les deux jours
et demi sous les coups de son compagnon. Une femme est
violée toutes les sept minutes. Alors, est-ce le féminisme ou le
machisme qui est aujourd'hui extrémiste et dominant ?