Ce recueil s'approche, avec pudeur et précision, de zones de fragilité humaine où les gestes se font minuscules, les paroles rares et les silences plus lourds que les mots. Sans tumulte, sans fracas, ces vingt-trois histoires déposent des fragments d'existence, des désaccords entre ce que l'on montre et ce que l'on porte, des jours où l'amour et les liens ne suffisent plus à combler la faille. Elles suggèrent plus qu'elles n'expliquent, elles écoutent plus qu'elles ne racontent.
Chaque texte ouvre un espace d'attention à des vies invisibilisées - par la solitude, les injonctions sociales, les pressions familiales, le vide intérieur - et tente de donner voix à celles et ceux que l'on n'entend pas assez. Dans l'espoir d'offrir au lecteur une rencontre humble, respectueuse, universelle. Lire, c'est accepter d'être témoin de l'indicible, de prêter attention aux non-dits et aux instants où le monde se dérobe.
Le suicide est un sujet douloureusement actuel mais il demeure viscéralement tabou. Ce recueil veut mettre des mots sur ce silence. Charline Schimenti relie ici le suicide à des réalités sociales concrètes et donne chair à l'ineffable avec délicatesse, imagination et bienveillance.